Étranger
Stage au Canada : permis et assurance à prévoir en 2026
- 3 voies de stage, 3 couvertures différentes Source : canada.ca, 2026
- 0 $ RAMQ pour un stage non rémunéré au Québec Source : RAMQ, 2026
- 2 500 $ CA fonds exigés à l'arrivée pour l'EIC Source : canada.ca, 2026
- 1er avril 2026 fin du permis coop distinct au postsecondaire Source : IRCC, 2026
Ton stage au Canada se précise, et une question revient avant même le billet d’avion : de quel permis tu as besoin, et qui te couvre si ça tourne mal. La réponse tient à une seule chose, ta voie d’entrée. On la déroule cas par cas, dans le prolongement de notre guide pour étudier à l’étranger.
Quelle voie pour ton stage au Canada ?
Trois voies, et elles ne se ressemblent pas. Soit tu étudies déjà dans un établissement canadien et ton stage fait partie de ton cursus. Soit tu restes inscrit en France et tu pars via Expérience internationale Canada. Soit tu fais un stage non rémunéré au Québec sous convention française.
Chacune a son permis et sa couverture, et une erreur d’aiguillage se paie cher : tu arrives sans le bon document, tu attends des semaines, parfois depuis le Canada où ta CPAM n’est plus à portée de guichet. La ligne de partage la plus utile, c’est de savoir où tu es inscrit. Dans une université canadienne, tu relèves du système local. Rattaché à ta fac française, tu gardes un pied dans le régime français, avec les formulaires qui vont avec.
Le second critère, c’est ton argent. Un stage payé compte comme du travail : il réclame un permis de travail et te rapproche du statut de salarié. Un stage non rémunéré ouvre des voies plus simples, surtout au Québec.
Qui couvre ta santé et ton accident du travail selon ta voie ?
Deux régimes bien séparés, et ils ne suivent pas la même logique. Ta santé sur place dépend du système où tu es rattaché. Ton accident du travail, lui, dépend de qui est réputé être ton employeur. Le tableau te donne la frontière exacte, voie par voie.
| Ta voie de stage | Ta santé sur place | Ton accident du travail |
|---|---|---|
| Études suivies au Canada, permis d’études | Régime provincial ou assurance imposée par ton université | La CNESST au Québec, ton établissement canadien étant réputé employeur ; ailleurs, le régime provincial |
| Inscrit en France, permis EIC Stage coop | Assurance maladie privée obligatoire toute la durée du séjour | Le régime d’indemnisation de la province, via ton employeur |
| Stage non rémunéré au Québec, convention française | RAMQ gratuite via le formulaire SE-401-Q-104 | Ton établissement français, qui maintient ta couverture accident |
La deuxième colonne cache le piège le plus courant. Beaucoup pensent que la couverture santé et la couverture accident vont ensemble. Au Québec sous convention française, elles se séparent : la RAMQ te soigne, mais c’est la France qui reste responsable de ton accident de stage. On y revient plus bas, parce que c’est là que se joue la vraie différence.
Stage intégré à tes études au Canada : quel permis ?
Depuis le 1er avril 2026, plus besoin d’un permis coop distinct si tu es au postsecondaire. Un étudiant international inscrit à temps plein dans un établissement d’enseignement désigné peut faire son stage intégré au programme sans demander un second permis, indique Canada.ca. Ton permis d’études suffit.
Trois conditions tiennent toujours. Ton programme doit durer au moins six mois et mener à un diplôme ou un certificat. Le stage doit faire partie du cursus, validé par ton établissement. Et il ne doit pas dépasser 50 % de la durée totale de tes études. Au-delà, ce n’est plus un stage intégré aux yeux d’IRCC, et il te faut un permis de travail classique.
Attention si tu es au secondaire ou en formation professionnelle courte : le permis de travail coop reste exigé, avec une lettre de l’école qui confirme que le stage est obligatoire. Tout ce volet permis, garde-le au chaud : on l’a détaillé dans notre page sur le CAQ et le permis d’études, qui conditionne aussi ton assurance sur place.
Stage coop EIC quand tu es inscrit en France ?
C’est la voie si tu restes étudiant d’une fac française et que tu pars faire ton stage au Canada. Le volet Stage coop international d’Expérience internationale Canada t’ouvre un permis de travail, à condition d’avoir entre 18 et 35 ans, d’être inscrit dans un établissement postsecondaire, que le stage soit exigé par ton programme, et de tenir déjà une offre d’un employeur canadien.
Là, l’assurance n’est pas une option. Tu dois détenir une assurance maladie qui couvre toute la durée de ton séjour, et l’agent des services frontaliers peut la vérifier à l’arrivée. Sans preuve, l’entrée peut t’être refusée, prévient Canada.ca. Si ta police s’arrête avant la fin prévue de ton séjour, ton permis est réduit d’autant : le calcul se fait sur ta date de fin de couverture, pas sur ton projet.
Cette obligation, tu la connais peut-être déjà : c’est la même mécanique que pour le permis vacances-travail. Notre comparatif d’assurance PVT détaille les contrats qui collent à cette exigence, durée du permis comprise. Vise une assurance dont les dates débordent légèrement ton séjour, pour ne pas te faire rogner ton permis à la frontière.
Stage non rémunéré au Québec : la RAMQ vraiment gratuite ?
Oui, et c’est le meilleur plan de tout l’article. Si tu es inscrit en France et que tu pars faire un stage non rémunéré obligatoire au Québec, l’entente de sécurité sociale France-Québec te donne accès à la RAMQ sans payer de prime. Le sésame, c’est le formulaire SE-401-Q-104, l’attestation d’affiliation pour stage non rémunéré, à réclamer à ta CPAM avant de partir.
Un point qui surprend : « non rémunéré » ne veut pas dire « sans un sou ». Une bourse ou une indemnité de stage reste compatible, le Québec continue de traiter ton stage comme non rémunéré, précise le CLEISS. Tu gardes donc la RAMQ même avec une gratification.
La démarche complète, du choix du bon formulaire à l’inscription en ligne à l’arrivée, on l’a posée pas à pas dans notre guide sur la RAMQ pour un étudiant français. Retiens juste que la RAMQ couvre le médecin, l’hôpital et les médicaments prescrits, mais laisse de côté le dentaire, l’optique et surtout le rapatriement. Une assurance voyage garde son utilité pour ce dernier trou.
Qui paie si tu te blesses en stage au Québec ?
Voilà le détail que personne ne t’explique correctement. Pour un stage non rémunéré sous convention française, ton accident du travail reste couvert par ton établissement français, pas par l’entreprise qui t’accueille. La RAMQ et la CNESST ne servent que les soins sur place, pour le compte du régime français.
Le mécanisme repose sur l’article L.412-8 du Code de la sécurité sociale, qui maintient la protection accident du travail des étudiants pendant leurs stages, y compris à l’étranger. En pratique, ta CPAM te remet un formulaire d’attestation, le SE-401-Q-108, qui permet à la RAMQ de te soigner sans que tu avances les frais. Mais la déclaration de l’accident, elle, incombe à ton établissement français, prévenu par l’organisme d’accueil. C’est un fil que beaucoup de stagiaires ignorent jusqu’au jour de la chute.
Le cas change si tu es inscrit dans un établissement québécois. Là, c’est lui qui est réputé être ton employeur, et la CNESST te protège directement en cas d’accident ou de maladie professionnelle, confirme la CNESST. Deux voies, deux responsables : le cadre général des trois assurances de stage, on l’a posé dans notre page sur l’assurance d’un stage à l’étranger, et le Canada en est le cas d’école.
Combien ça coûte au total ?
Moins que tu ne crois pour la santé, un peu plus pour la paperasse d’entrée. Le poste le plus lourd, c’est le justificatif de fonds : pour un permis EIC, tu dois prouver 2 500 $ CA à l’arrivée, soit environ 1 550 € au taux de la Banque du Canada de juin 2026. Ce n’est pas une taxe, c’est de l’argent qui reste le tien, mais il doit être disponible.
Ajoute la biométrie, autour de 85 $ CA quand elle est demandée, soit une cinquantaine d’euros. Côté assurance, la couverture maladie de l’EIC est à ta charge : compte-la comme une assurance voyage longue durée, à comparer sur le plafond médical et le rapatriement.
Et le Québec, dans tout ça ? Si tu passes par l’entente France-Québec pour un stage non rémunéré, ta santé sur place te coûte 0 €. Là où un étudiant international paie parfois plus de 1 000 $ CA d’assurance universitaire à l’année, toi tu présentes ton formulaire et tu ne sors pas la carte bleue. Sur un stage de six mois, l’écart se chiffre en centaines d’euros gardés dans ta poche. Reste à trouver un logement à Montréal avant les autres : ça, aucun formulaire ne le règle.
Questions fréquentes
Faut-il un permis de travail pour un stage au Canada ?
Ça dépend de ta voie. Au postsecondaire suivi au Canada, ton stage intégré au programme ne réclame plus de permis coop distinct depuis le 1er avril 2026. Inscrit en France, tu passes par le volet Stage coop d'Expérience internationale Canada, qui délivre un permis de travail. Un stage rémunéré exige toujours un permis.
Un stage non rémunéré au Québec donne-t-il droit à la RAMQ ?
Oui, gratuitement. L'entente France-Québec couvre l'étudiant français en stage non rémunéré obligatoire par la RAMQ, sur présentation du formulaire SE-401-Q-104 réclamé à ta CPAM avant de partir. Une bourse ou une indemnité ne te fait pas perdre ce droit : le Québec la considère comme un stage non rémunéré.
L'assurance est-elle obligatoire pour un stage coop EIC ?
Oui. Avec un permis Expérience internationale Canada, tu dois détenir une assurance maladie valable pour toute la durée de ton séjour. L'agent des services frontaliers peut la contrôler à l'arrivée et refuser l'entrée sans preuve. Si ton contrat couvre moins longtemps que prévu, ton permis est raccourci d'autant.
Qui couvre l'accident du travail d'un stagiaire français au Québec ?
Pour un stage non rémunéré sous convention française, c'est ton établissement français qui maintient ta couverture accident du travail, pas l'employeur canadien. La RAMQ et la CNESST ne font que servir les soins sur place. Inscrit dans un établissement québécois, c'est lui qui devient ton employeur au regard de la CNESST.
Un stage rémunéré au Canada change-t-il les démarches ?
Beaucoup. Une rémunération vaut travail : elle impose un permis de travail et te fait souvent basculer sur le régime d'indemnisation de la province, comme un salarié. Attention, un vrai salaire peut te requalifier en employé, avec salaire minimum et normes du travail à la clé, selon canada.ca.
Sources
- Canada.ca, travailler comme stagiaire pendant ses études
- Canada.ca, Expérience internationale Canada : préparer son arrivée
- RAMQ, attestation d'affiliation pour stage non rémunéré (SE-401-Q-104)
- CLEISS, effectuer un stage au Québec
- CNESST, accident du travail pendant un stage
- Légifrance, article L.412-8 du Code de la sécurité sociale
- Banque du Canada, taux de change mensuels
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