Étranger
Étudier au Royaume-Uni : assurance, visa et IHS en 2026
- 776 £/an surtaxe santé IHS pour un étudiant Source : gov.uk, 2026
- 6 mois le seuil qui déclenche visa et IHS Source : gov.uk, 2026
- 9,90 £ prix d'une ordonnance NHS, par produit Source : NHS, 2026
- GHIC ≠ CEAM la GHIC est la carte des résidents britanniques Source : gov.uk, 2026
Tu as décroché ta place dans une fac britannique et, entre l’euphorie et la paperasse, une question s’impose : qui paie si tu finis aux urgences à Londres ou à Édimbourg ? Depuis le Brexit, la réponse a changé, et elle tient à un seul chiffre, le nombre de mois que tu passes sur place. On déroule les deux régimes, dans le prolongement de notre guide pour étudier à l’étranger.
Ta CEAM marche-t-elle encore au Royaume-Uni ?
Oui, mais pas comme avant. Depuis le Brexit, ta carte européenne d’assurance maladie reste valable pour les soins médicalement nécessaires dans le NHS, le service public de santé britannique. Ce qui a changé, c’est que la durée de ton séjour décide désormais de tout.
En dessous de six mois, tu n’as ni visa ni surtaxe santé à régler : ta CEAM suffit pour le nécessaire, exactement comme dans le reste de l’Europe. À partir de six mois, tu bascules dans un autre régime, celui du Student visa et de l’Immigration Health Surcharge. Le gouvernement britannique pose noir sur blanc cette bascule des six mois sur gov.uk.
Retiens la logique avant les montants : la durée fixe le régime. Un semestre d’échange et un master de deux ans ne jouent pas dans la même catégorie.
Moins de six mois : ta CEAM et le trou de couverture
Court séjour, règle simple. Tu pars avec ta CEAM française, tu te fais soigner par le NHS pour ce qui est médicalement nécessaire, et tu ne paies ni visa ni IHS. Sur le papier, c’est réglé.
Sauf que la CEAM ne couvre que le public, et seulement le nécessaire. Pas le rapatriement si tu dois rentrer en France en urgence, pas les soins programmés, pas une clinique privée. C’est pour ça que gov.uk lui-même conseille de souscrire une assurance privée en plus, comme pour n’importe quel autre pays hors Union.
Une assurance voyage étudiante comble ce trou, et aucune n’est obligatoire pour un court séjour. Mais un rapatriement transatlantique se chiffre en milliers d’euros, pas en dizaines, et c’est typiquement la facture qui plombe une année d’échange. Je te donne les options et les prix un peu plus bas.
Six mois ou plus : le visa étudiant et l’IHS
Là, le budget change d’échelle. Pour étudier plus de six mois, tu déposes une demande de Student visa, et cette demande inclut le paiement de l’Immigration Health Surcharge, l’IHS. C’est lui qui t’ouvre l’accès complet au NHS, comme un résident.
Le montant d’abord, parce que beaucoup de sources traînent un chiffre périmé. L’IHS étudiant coûte 776 £ par an depuis 2024, soit environ 910 € au taux du 10 juillet 2026, et non plus les 470 £ que tu liras encore un peu partout. Le tarif standard des autres visas, lui, monte à 1 035 £ par an. Tu le règles d’avance, pour toute la durée de ton visa : un bachelor de trois ans, c’est 2 328 £ à sortir en une fois, autour de 2 730 €.
Le calcul suit la durée de ton visa, pas seulement celle de tes cours. Le Home Office accorde en général le visa pour la longueur du programme plus quelques mois de battement, et l’IHS se règle sur cette période entière. Tu paies tout d’un coup, au moment de la demande en ligne, avant même d’avoir posé un pied sur le sol britannique. Autant l’intégrer dès maintenant à ton budget de départ, au même titre que les frais de scolarité.
Bonne nouvelle quand même : un étudiant européen peut se faire rembourser cet IHS sous conditions, s’il ne travaille pas et garde une CEAM valide. Le calcul exact et les cinq conditions cumulatives, je les détaille dans le guide de l’IHS au Royaume-Uni. Ne fais pas l’impasse dessus : ce sont plusieurs centaines d’euros récupérables.
Une fois l’IHS payé, le NHS te soigne comme un résident ?
Oui, et c’est là que le système britannique devient généreux. Une fois ton IHS réglé, tu t’inscris auprès d’un GP, le médecin généraliste de ton quartier, ce qu’on appelle la « GP registration ». L’inscription est gratuite, la consultation aussi, l’hôpital et les urgences également. Pas d’avance de frais, pas de dossier de remboursement à monter au retour.
Deux postes restent pourtant payants, et c’est le piège classique. Les ordonnances d’abord : en Angleterre, chaque produit prescrit coûte 9,90 £, soit environ 11,60 €, un tarif gelé pour 2026-2027 selon le NHS. Le dentaire ensuite, facturé par forfaits selon la lourdeur du soin. Voici la carte des frais qui restent à ta charge.
| Soin en Angleterre | Ce que tu paies | Environ, en euros |
|---|---|---|
| Généraliste, hôpital, urgences | 0 £ | 0 € |
| Ordonnance, par produit | 9,90 £ | 11,60 € |
| Dentaire bande 1, contrôle ou détartrage | 27,90 £ | 33 € |
| Dentaire bande 2, carie ou extraction | 76,60 £ | 90 € |
| Dentaire bande 3, couronne ou prothèse | 332,10 £ | 389 € |
Un détail qui allège la note : ce tarif d’ordonnance ne vaut que pour l’Angleterre. En Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord, les ordonnances sont gratuites. Si tu as le choix de ta ville, ça compte.
Un mot sur le dentaire, parce que le tableau ne dit pas tout. Ces forfaits sont les tarifs NHS, encore faut-il dénicher un dentiste qui accepte de nouveaux patients au tarif NHS. Ils manquent : NHS England reconnaît un déficit de plus de 2 500 dentistes et te demande d’appeler chaque cabinet pour savoir s’il prend des inscriptions. Faute de place, beaucoup d’étudiants basculent en cabinet privé, où les prix n’ont aucun plafond. Si tu sais que tu auras besoin d’un suivi, cherche une place dès la rentrée.
Faut-il une assurance complémentaire, et laquelle ?
Ça dépend de ton profil, et surtout de la durée. Voici comment je trancherais à ta place.
Pour un séjour de moins de six mois, oui, franchement. Ta CEAM ne paie ni le rapatriement ni le privé, et gov.uk te conseille lui-même une couverture en plus. Une assurance voyage étudiante comble ce trou pour quelques dizaines d’euros par mois. Chapka Cap Student démarre à 28 €/mois, ACS Globe Partner à 16,50 €, April MyStudies à 44 €/mois, tarifs relevés en juillet 2026. Regarde d’abord le plafond médical et la ligne rapatriement : c’est là que se joue la vraie différence entre deux contrats.
Pour un séjour long, avec IHS et NHS, tu es déjà bien couvert côté soins courants. Une complémentaire garde son intérêt sur trois postes que le NHS laisse filer : le dentaire au-delà du strict nécessaire, l’optique et le rapatriement vers la France. Ta mutuelle étudiante restée en France peut parfois prendre le relais : vérifie ses garanties à l’étranger avant d’en souscrire une deuxième.
GHIC ou CEAM : laquelle te concerne, au juste ?
Voilà la confusion qui revient sur tous les forums. En cherchant « carte santé Royaume-Uni », tu vas tomber sur la GHIC, la Global Health Insurance Card, et croire qu’il te la faut. C’est faux.
La GHIC est la carte des résidents britanniques, celle qu’un Anglais utilise pour se faire soigner quand il voyage en Europe. C’est leur équivalent de notre CEAM, dans l’autre sens. Toi, étudiant français, tu n’y as pas droit et tu n’en as pas besoin : ta carte, c’est la CEAM française, que tu demandes gratuitement sur ton compte ameli avant de partir.
Ne perds donc pas de temps à chercher comment obtenir une GHIC, tu ne remplis pas les conditions. Comment demander ta CEAM, et en combien de temps elle arrive, je l’explique dans notre guide de la carte européenne d’assurance maladie.
Le Royaume-Uni est-il encore dans Erasmus+ ?
Non, et ça change deux choses. Depuis 2021, le Royaume-Uni ne fait plus partie d’Erasmus+. Il l’a remplacé par son propre dispositif, le Turing Scheme, qui finance les étudiants britanniques qui partent, pas les étrangers qui viennent. Donc pas de bourse Erasmus européenne pour un séjour outre-Manche, et pas de couverture rattachée à ta fac française par ce canal.
Ce que ça implique côté assurance, on le détaille dans notre guide de l’assurance Erasmus. Le point à garder ici : ne pars pas du principe que tu es couvert « par Erasmus », parce que ce n’est plus le cas.
Reste un dernier angle mort, deux risques que ni la CEAM ni le NHS ne touchent : ton logement et ta responsabilité civile. Si tu casses quelque chose chez ton propriétaire ou blesses quelqu’un sans le vouloir, c’est ta RC qui paie, et elle ne fait pas partie du paquet santé. Une assurance habitation britannique, la « contents insurance », ou une extension de ton contrat français prend le relais pour tes affaires.
Au fond, ton assurance au Royaume-Uni se résume à une affaire de calendrier. Sous six mois, ta CEAM et une assurance voyage. Au-delà, l’IHS et le NHS font le gros du travail, à toi de couvrir le dentaire, le rapatriement et ta RC. Note la date de bascule des six mois, et tu sauras exactement quoi payer, et quand.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour étudier au Royaume-Uni ?
Ça dépend de la durée. Sous six mois, pas de visa ni de surtaxe santé : ta CEAM suffit pour les soins nécessaires. À partir de six mois, il te faut un Student visa, et sa demande inclut le paiement de l'Immigration Health Surcharge, la surtaxe qui t'ouvre le NHS.
La CEAM est-elle valable au Royaume-Uni après le Brexit ?
Oui. Ta carte européenne d'assurance maladie reste valable pour les soins médicalement nécessaires dans le NHS, le système public britannique. Elle ne couvre ni le privé, ni le rapatriement, ni les soins programmés. Pour un séjour court, gov.uk te conseille une assurance privée en plus.
Un étudiant français doit-il payer l'IHS ?
Oui, si tu étudies six mois ou plus avec un Student visa. L'Immigration Health Surcharge coûte 776 £ par an, payées d'avance pour toute la durée du visa. Un étudiant européen peut se la faire rembourser sous conditions, s'il ne travaille pas et garde une CEAM valide.
Les soins sont-ils gratuits au Royaume-Uni avec le NHS ?
En grande partie. Une fois ton IHS payé, le médecin généraliste, l'hôpital et les urgences sont gratuits, sans avance de frais. Restent payants les ordonnances, à 9,90 £ le produit en Angleterre, et le dentaire, facturé par forfaits de 27,90 £ à 332,10 £.
Faut-il une carte GHIC pour étudier au Royaume-Uni ?
Non. La GHIC est la carte des résidents britanniques, leur équivalent de notre CEAM pour se soigner en Europe. Toi, étudiant français, tu n'y as pas droit et tu n'en as pas besoin : ta carte, c'est la CEAM française, gratuite sur ton compte ameli.
Sources
- gov.uk, Healthcare for EU and EFTA nationals living in the UK
- gov.uk, Immigration health surcharge : how much you pay
- gov.uk, Apply for a refund of the student immigration health surcharge
- NHS, prescription charges
- NHS, how much will I pay for NHS dental treatment
- NHS England, plan to recover and reform NHS dentistry
- ameli, protection sociale pendant des études à l'étranger
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