Étranger
Erasmus en Italie : santé, CEAM et codice fiscale 2026
- 700 €/an Inscription volontaire au SSN, mais pas pour toi avec la CEAM Source : AUSL Parma, 2024
- ≈ 15 € Ticket d'une consultation ponctuelle en Italie Source : CLEISS, fiche Italie 2026
- 0 € Le codice fiscale, gratuit au consulat ou à l'Agenzia delle Entrate Source : Agenzia delle Entrate
- 5 945 Départs Erasmus français vers l'Italie en 2023 Source : Campus France
Troisième destination Erasmus des étudiants français, avec 5 945 départs en 2023 d’après Campus France, l’Italie a un gros atout santé sur d’autres pays : ta carte européenne suffit presque partout, et les soins publics y coûtent une misère. Reste à comprendre ce que tu paies quand même, et à ne pas tomber dans le piège des 700 € dont parlent mal la plupart des sites. On fait le tri, en complément du guide pour étudier à l’étranger.
Ta CEAM marche-t-elle en Italie ?
Oui, et plutôt bien. Ta carte européenne d’assurance maladie, la TEAM une fois sur place, t’ouvre le service public de santé italien, le SSN, aux mêmes conditions qu’un résident. Tu te soignes dans un centre de l’ASL, l’antenne de santé de ton quartier, ou chez un médecin conventionné.
Le fonctionnement ressemble au nôtre, en plus centralisé. Pour un généraliste, tu passes par un medico di base. Pour voir un spécialiste, il te faut d’abord une prescription, l’impegnativa, sauf urgence. Le CLEISS le rappelle noir sur blanc dans sa fiche Italie : les soins doivent être donnés par l’ASL ou par des médecins agréés, et le spécialiste se consulte sur prescription.
Deux limites à garder en tête. La CEAM couvre les soins médicalement nécessaires pendant ton séjour, pas le secteur privé, pas un rapatriement. Si tu te fais soigner dans une clinique privée, tu paies plein pot. Tant que ton centre de vie reste en France et que ton échange est rattaché à ta fac française, tu conserves cette carte : aucune raison de basculer sur le régime italien.
Un réflexe avant de boucler ton sac : commande ta CEAM sur ton compte ameli au moins deux semaines avant le départ, elle n’arrive pas toujours du jour au lendemain. Et note le 112 quelque part, le numéro d’urgence valable dans toute l’Union, gratuit depuis n’importe quel téléphone. Une carte périmée ou oubliée au fond d’un tiroir, et tu repasses caisse comme un touriste lambda.
Combien tu paies quand même en Italie ?
Presque rien, comparé à ce que tu crois. Le service public italien fonctionne avec des tickets, des participations forfaitaires, et ils sont bas. Une visita occasionale, une consultation ponctuelle, tourne autour de 15 €, soit deux places de ciné au tarif étudiant. Un acte de spécialiste est plafonné à 36,15 € par prescription, avec parfois un petit supplément régional.
| Soin | Ce que tu paies | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Consultation ponctuelle, la visita occasionale | environ 15 € | Antenne ASL ou médecin conventionné |
| Spécialiste sur prescription | jusqu’à 36,15 € | Plafond national, supplément régional possible |
| Urgences non vitales, le codice bianco | ticket régional | Le vrai urgent reste pris en charge |
| Médicaments classe A | ticket régional | Ceux de classe C sont pour ta poche |
| Dentiste | 0 % remboursé | Secteur privé, prévois une complémentaire |
Les montants ci-dessus viennent de la fiche Italie du CLEISS (2026) et bougent d’une région à l’autre : c’est la Regione qui fixe son barème. Deux points à retenir. Le dentaire reste presque intégralement à ta charge, comme partout ou presque en Europe, et la CEAM n’y change rien. Côté médicaments, les produits de classe A passent avec un ticket régional, ceux de classe C sont à payer en entier.
Le codice fiscale, ta première démarche
Avant même l’ASL, il te faut un codice fiscale. C’est l’équivalent italien de ton numéro fiscal : un code alphanumérique qui te sert à t’inscrire à la fac, à ouvrir une ligne de téléphone, à signer un bail, souvent aussi à te faire enregistrer côté santé. Bonne nouvelle, il est gratuit et rapide à obtenir.
Deux façons de l’avoir :
- Avant de partir, au consulat ou à l’ambassade d’Italie près de chez toi. Tu remplis le formulaire AA4/8 avec une copie de ton passeport ou de ta carte d’identité.
- Sur place, à un guichet de l’Agenzia delle Entrate, l’administration fiscale italienne. Même formulaire, et le code t’est remis dans la foulée, sans frais ni timbre.
L’Agenzia delle Entrate publie une mini-guide pour les étrangers, disponible en plusieurs langues. Fais-le en premier : sans codice fiscale, la moitié de tes démarches administratives sur place restent bloquées. C’est le genre de papier qu’on repousse et qui finit par te faire perdre une journée entière au mauvais guichet.
Ne confonds pas le codice fiscale avec la tessera sanitaria, la carte de santé italienne. Cette dernière est réservée aux personnes inscrites au SSN avec un medico di base attribué, ce qui suppose une résidence en règle. En Erasmus court avec ta CEAM, tu n’en as pas besoin : c’est ta carte européenne qui tient ce rôle. Le codice fiscale, lui, reste utile dès le premier jour, y compris pour ouvrir un compte ou un abonnement de transport.
Dois-tu payer les 700 € du SSN ?
Non. C’est le point que presque tous les guides français ratent, alors accroche-toi. Beaucoup de sites parlent encore d’une inscription au SSN à 149,77 € par an, un chiffre resté figé dans les mémoires. Sauf que la Legge di Bilancio 2024, la loi de finances italienne, a fait bondir ce forfait : il est passé à 700 € par an pour un étudiant, 1 200 € pour un jeune au pair, et au moins 2 000 € dès qu’il y a des personnes à charge.
Alors pourquoi ce montant ne te concerne pas ? Parce que cette inscription volontaire au SSN vise les étudiants hors Union européenne, ceux qui n’ont pas déjà une couverture équivalente. Toi, citoyen de l’Union, tu arrives avec ta CEAM : elle te donne accès au système public italien sans rien débourser de plus. L’ASL de Parme le pose clairement, ce contributo forfettario concerne les étrangers extracommunautaires en séjour régulier. En échange rattaché à ta fac française, tu n’as rien à payer au-delà des petits tickets vus plus haut.
Si un site te dit de provisionner 150 € ou 700 € pour t’assurer en Italie, il se trompe de public : ces montants s’adressent à un étudiant chinois ou marocain, pas à un Français avec sa carte européenne. Tu te dis peut-être que c’est trop beau. C’est simplement le fonctionnement normal de la coordination de la Sécu à l’échelle de l’Union.
Faut-il une complémentaire santé pour l’Italie ?
Pour l’Italie, honnêtement, elle est optionnelle. C’est la différence avec des destinations comme les États-Unis ou le Canada hors Québec, où une assurance privée devient quasi obligatoire. Ici, ta CEAM absorbe l’essentiel du public, et les restes à charge sont faibles. Une complémentaire se justifie surtout dans trois cas : le privé quand tu veux éviter l’attente, le dentaire quasi jamais remboursé, et le rapatriement que la CEAM ne prend jamais en charge. Un exemple concret : pour un semestre à Bologne sans souci de santé particulier, ta carte européenne et quelques dizaines d’euros de tickets sur six mois font largement l’affaire. Si tu suis un traitement régulier ou que tu tiens à voir un dentiste sans passer par le privé au prix fort, là une couverture à quelques euros par mois se défend.
Si tu pars quand même avec une couverture, plusieurs assurances étudiantes françaises jouent ce rôle sans te ruiner, comme HEYME World Pass, Chapka Cap Student ou la CFE JeunExpat pour les moins de 30 ans. Compare les plafonds et la présence du rapatriement avant de signer, ni plus ni moins. On détaille la logique par profil dans le dossier assurance Erasmus, et le cas voisin de l’Erasmus en Espagne obéit à la même règle : la CEAM d’abord, la complémentaire en option. La Grèce, autre destination méditerranéenne, marche sur le même principe.
Milan, Rome, Bologne, ça change quoi ?
Le principe ne bouge pas, seuls les barèmes changent. La santé publique italienne est régionalisée : chaque Regione fixe ses propres tickets. Concrètement, ta CEAM marche pareil à Milan, à Rome ou à Bologne, mais le prix d’une visita chez le spécialiste peut varier de quelques euros d’une région à l’autre.
Milan relève de la Lombardie, Rome du Latium, Bologne de l’Émilie-Romagne, trois régions parmi les mieux dotées côté hôpitaux universitaires. Pour connaître le barème exact de ta ville, le plus simple reste de demander à l’ASL de ton quartier dès l’arrivée, en même temps que tu règles ton codice fiscale. Rien de sorcier une fois que tu sais où frapper.
Questions fréquentes
La CEAM suffit-elle pour un Erasmus en Italie ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Ta carte européenne t'ouvre le service public italien, le SSN, comme un résident : médecin de base, spécialiste sur prescription, hôpital. Restent de petits tickets, autour de 15 € la consultation, selon la fiche Italie du CLEISS (2026). Le privé et le rapatriement, eux, ne sont jamais couverts.
Un étudiant français doit-il payer l'inscription au SSN italien ?
Non. L'inscription volontaire au SSN, passée de 149,77 € à 700 € par an avec la Legge di Bilancio 2024, vise les étudiants hors Union européenne. Avec ta CEAM, tu es déjà couvert par le système public italien. Tu règles seulement les tickets régionaux, rien de plus.
Comment obtenir un codice fiscale pour étudier en Italie ?
Gratuitement, de deux façons. Avant de partir, au consulat ou à l'ambassade d'Italie, avec le formulaire AA4/8 et ton passeport. Ou sur place, à un guichet de l'Agenzia delle Entrate, qui te le remet dans la foulée. C'est ton premier papier à obtenir : beaucoup de démarches en dépendent.
La CEAM couvre-t-elle le dentiste en Italie ?
Quasiment pas. Comme presque partout en Europe, le dentaire relève du privé et reste à ta charge, même avec la carte européenne. Si tu sais que tu auras besoin d'un suivi dentaire sur place, une complémentaire santé ou une assurance étudiante internationale prend le relais. Sinon, la CEAM gère le reste des soins courants.
Sources
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