J-38 dernière ligne droite de la rentrée : attestation et assurance en 5 minutes

Étranger

Assurance santé étudiant au Canada : le guide par province 2026

  • Gratuite RAMQ pour les étudiants français au Québec (entente France-Québec) Source : ramq.gouv.qc.ca
  • 792 $ CAD/an UHIP obligatoire en Ontario (environ 489 €, 2025-26) Source : University of Toronto
  • 75 $ CAD/mois MSP en Colombie-Britannique (environ 46 €), après 3 mois de carence Source : UBC
  • 5 775 $ CAD/jour Hospitalisation sans assurance au CHU de Québec (environ 3 565 €) Source : CHU de Québec

Tu as été admis dans une université canadienne. Quelque part entre le CAQ et le billet d’avion, une question traîne : ta carte Vitale, elle sert à quelque chose là-bas ? Réponse courte, presque partout non. Le Canada est pourtant la deuxième destination diplômante des Français, avec 17 982 étudiants et une hausse de 37 % selon Campus France, et presque aucun ne sait qu’il existe treize systèmes de santé au lieu d’un, un par province et territoire. Un seul t’ouvre ses portes gratuitement quand tu es français. Ce guide te donne la carte complète, province par province, et les vrais prix. Pour le cadre général du départ, garde sous la main notre guide pour étudier à l’étranger.

Es-tu couvert par la Sécurité sociale française au Canada ?

Non, sauf au Québec. Le Canada est hors de l’Union européenne, ta CEAM n’y vaut rien, et l’Assurance Maladie française ne rembourse pas les soins reçus sur place. La seule exception tient à un accord signé entre Paris et Québec, qui ne concerne que la province de Québec, pas le reste du pays.

Dès que ton séjour dépasse six mois, ta Sécu française considère que ton centre de vie a bougé et cesse de te suivre. Concrètement, tu bascules sur le régime de santé de la province où tu étudies, quand il existe, ou sur une assurance privée quand il n’existe pas. Il n’y a pas de règle nationale unique : chaque province gère sa propre couverture, ses propres délais et ses propres prix. C’est toute la difficulté, et c’est pour ça qu’un tableau vaut mieux qu’un long discours.

Une nuance compte pour les échanges courts. Si tu pars moins de six mois dans un programme rattaché à ta fac française, type convention d’échange, tu restes en principe couvert par ta Sécurité sociale française sur cette période, l’assurance privée venant en complément. Dès que tu t’inscris en direct dans un établissement canadien pour un cursus complet, tu passes côté canadien. C’est la durée et le type d’inscription qui décident, pas ta nationalité.

À quel régime de santé as-tu droit, province par province ?

Ça dépend d’où tu poses tes valises. Au Québec, la RAMQ te couvre gratuitement grâce à l’entente France-Québec. En Ontario, l’assurance universitaire UHIP est obligatoire et facturée d’office. En Colombie-Britannique, tu passes par le régime public MSP, mais seulement après trois mois. Ailleurs, c’est le plan santé de ton université qui prend le relais.

ProvinceRégime santéCe que tu paiesÀ retenir
QuébecRAMQ (public)Gratuit pour les Français, via l’ententeFormulaire SE-401-Q-106 à remplir avant le départ
OntarioUHIP (obligatoire)Environ 792 $ CAD/an (489 €)Inscription automatique, aucune entente France-Ontario
Colombie-BritanniqueMSP (public) + assurance temporaire75 $ CAD/mois (46 €) + carence de 3 moisiMED puis GuardMe à couvrir au début du séjour
Autres provincesPlan universitaire privéVariable selon l’universitéSouvent obligatoire, facturé avec les frais de scolarité

Tarifs relevés le 10 juillet 2026, au taux de 1 € = 1,62 $ CAD. Les montants des universités changent chaque année académique : vérifie toujours la page officielle de ton établissement avant de provisionner ton budget.

Pourquoi treize régimes différents ? Parce qu’au Canada, la santé relève des provinces et des territoires, pas du fédéral. Chacun fixe ses règles d’admissibilité, ses délais de carence et ses tarifs. Résultat, un même étudiant français sera soigné gratuitement à Montréal et facturé plein pot à Calgary. D’où l’importance de regarder d’abord ta province d’accueil, avant même de comparer les universités.

Le Québec, ton passe-droit de Français

Le Québec est la seule province où tu es soigné gratuitement comme un local. C’est l’entente France-Québec de sécurité sociale qui l’organise : un étudiant français à temps plein accède à la RAMQ sans délai de carence, assurance médicaments comprise et sans prime. Aucune autre nationalité, ou presque, n’a ce privilège.

Le sésame, c’est un formulaire de la série SE-401-Q, à récupérer auprès de ta CPAM avant de partir. Le SE-401-Q-106 vaut pour un programme d’échange ou une bidiplomation, le SE-401-Q-102 pour un cursus diplômant complet, le SE-401-Q-104 pour un stage obligatoire non rémunéré. Tu le fais signer et tamponner en France, puis tu le fais valider par la RAMQ à ton arrivée. Sans ce papier, pas de couverture gratuite, et le rattrapage sur place est un vrai casse-tête.

Une fois sur place, tu t’inscris en ligne à la RAMQ avec ton formulaire validé, ton passeport, ton CAQ, ton permis d’études et une preuve d’inscription à temps plein. Ta couverture court sur les dates de ton formulaire ou de ton CAQ, et elle se renouvelle chaque mois de novembre. Rate ce renouvellement et la RAMQ peut te radier de façon rétroactive au 1er septembre, un trou de couverture que personne n’a envie de découvrir aux urgences.

Cet accès à la RAMQ change aussi la donne côté fac. Les universités québécoises imposent d’office leur propre assurance aux internationaux, par exemple le régime IHI de McGill facturé 1 155 $ CAD pour 2025-26. En tant que Français couvert par la RAMQ, tu en es exempté sur présentation de ton attestation, démarche à refaire chaque rentrée. C’est autant d’économisé, à condition de ne pas oublier de la faire.

Attention quand même, la RAMQ n’est pas une couverture totale. Elle laisse de côté le dentaire, l’optique, l’ambulance, le rapatriement et tes soins hors du Québec. On déroule le formulaire pas à pas, qui y a droit et les trous de couverture à combler dans notre page consacrée à la RAMQ des étudiants français.

Toronto, Vancouver : ce que tu paieras vraiment

Hors Québec, la gratuité disparaît. À Toronto, l’Ontario impose l’UHIP à tous les étudiants internationaux, environ 792 $ CAD par an, soit près de 489 € au tarif University of Toronto 2025-26, taxe comprise. L’inscription est automatique, tu la retrouves sur ta facture de scolarité, et la couverture va jusqu’à un million de dollars de frais médicaux. Il n’existe aucune entente France-Ontario : ta mutuelle française ne te dispense de rien.

Le montant bouge un peu selon l’établissement, compte par exemple 948 $ CAD par an à Western pour 2026-27. Mais le principe ne change pas : l’UHIP s’applique à tout le monde, sans dispense possible pour un étudiant français, contrairement au Québec.

À Vancouver, le calcul est plus retors. Le régime public MSP coûte 75 $ CAD par mois, soit environ 46 €, mais il ne démarre qu’après trois mois de carence, le mois de ton arrivée plus les deux suivants. Pendant ce trou, tu dois souscrire une assurance temporaire imposée par l’université, autour de 237 $ CAD pour trois mois, environ 146 €. À l’UBC, ce contrat temporaire change de fournisseur au 1er août 2026, iMED laisse la place à GuardMe : si tu arrives cet été, vérifie la démarche exacte sur la page de l’université, car les modalités bougent.

Si les États-Unis figurent aussi sur ta liste, prépare un budget d’un tout autre ordre. Notre guide de l’assurance santé aux États-Unis chiffre la note, souvent au-dessus de 4 000 $ par an.

Combien coûtent les soins si tu n’as aucune assurance ?

Beaucoup, et c’est là que l’histoire devient sérieuse. Au CHU de Québec, un non-résident sans couverture paie 1 182,66 $ CAD pour un passage aux urgences de 24 heures, environ 730 €, et 5 775 $ CAD par jour d’hospitalisation, près de 3 565 €. Une journée en soins intensifs grimpe à 15 207 $ CAD, autour de 9 390 €. Ces tarifs sont ceux affichés au 26 mars 2026 par l’hôpital lui-même.

Le détail fait mal au portefeuille : 183,48 $ CAD juste pour le tri à l’accueil des urgences, 168,93 $ CAD pour une consultation externe, 5 248,89 $ CAD pour une chirurgie d’un jour. Et hors entente France-Québec, une surcharge de 200 % s’applique sur les soins non assurés. Tu te dis que ça ne t’arrivera pas. C’est ce que je me disais aussi, avant de voir la facture d’une amie hospitalisée trois jours pour une appendicite à Montréal. Une assurance à quelques dizaines d’euros par mois te met à l’abri de ce genre de note.

Et le Québec n’a rien d’un cas isolé. À l’Île-du-Prince-Édouard, un passage aux urgences facturé à un non-résident revient à 1 088 $ CAD pour 2026-27. Partout au Canada, la logique est la même : sans couverture reconnue, tu paies le tarif fort, souvent majoré.

Faut-il une assurance complémentaire, et laquelle ?

Oui, presque toujours, même avec la RAMQ, l’UHIP ou le MSP. Ces régimes prennent en charge le médecin et l’hôpital, mais laissent de côté le dentaire, l’optique, l’ambulance, le rapatriement et tes déplacements hors de ta province. Pour un séjour long, plusieurs assureurs français proposent des contrats étudiants conçus pour la mobilité, à comparer selon ta durée et ta destination : Chapka Cap Student dès 28 € par mois, HEYME World Pass dès 25 € par mois, ou ACS Globe Partner dès 16,50 € (tarifs relevés en juillet 2026). La Caisse des Français de l’étranger existe aussi, mais elle rembourse sur la base des tarifs français, mal adaptés au coût canadien. Aucune de ces options ne remplace le régime local obligatoire : elles viennent le compléter, pas le remplacer.

Le CAQ et le permis d’études t’engagent à être assuré

Rester assuré n’est pas seulement une bonne idée, c’est une condition de ton séjour. Le CAQ, le Certificat d’acceptation du Québec exigé au-delà de six mois, t’engage noir sur blanc à « maintenir, pour toute la durée de votre séjour d’études, une assurance maladie et hospitalisation », comme le précise Québec.ca. Sans couverture continue, tu t’exposes à des ennuis administratifs qui peuvent aller jusqu’à la remise en cause de ton statut.

La marche à suivre est simple. D’abord, tu vérifies si ton pays a une entente avec le Québec : pour la France, la réponse est oui, donc RAMQ gratuite. Ensuite, tu combles ce que la RAMQ ne couvre pas avec une complémentaire. Enfin, hors Québec, tu prends l’assurance imposée par la province ou l’université. Côté parents, la liste des démarches à cocher avant le grand départ vit dans notre checklist pour les parents, et notre page enfant au Canada, côté parents reprend qui paie quoi quand on pilote depuis la France.

Retiens l’essentiel : au Québec, tu es un cas à part, ailleurs tu paies. Remplis ton SE-401-Q-106 avant l’avion, garde une complémentaire pour le dentaire et le rapatriement, et tu pourras te concentrer sur le vrai défi de l’hiver québécois, survivre à moins 25 degrés en doudoune française.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle au Canada ?

Non. Le Canada est hors de l'Union européenne : ta carte Vitale et ta CEAM n'y donnent aucun droit. Seul le Québec te couvre, via la RAMQ et l'entente France-Québec, à condition d'avoir rempli le formulaire SE-401-Q-106 auprès de ta CPAM avant ton départ.

Un étudiant français paie-t-il la RAMQ au Québec ?

Non, elle est gratuite. L'entente France-Québec te donne accès à la RAMQ sans prime et sans délai de carence, assurance médicaments comprise. Tu dois seulement fournir le bon formulaire SE-401-Q signé par ta CPAM, puis le faire valider sur place à ton arrivée.

Faut-il une assurance en Ontario si j'ai déjà une mutuelle française ?

Oui. L'Ontario impose l'UHIP à tous les étudiants internationaux, environ 792 $ CAD par an (près de 489 €, tarif 2025-26), sans exception liée à ta mutuelle française. L'inscription est automatique et facturée avec tes frais de scolarité.

Le PVT donne-t-il droit à la RAMQ ?

Non. L'entente France-Québec vise les étudiants, pas les titulaires d'un permis vacances-travail, qui doivent souscrire une assurance privée pour toute la durée de leur PVT. C'est un autre régime, avec ses propres règles : notre comparatif PVT arrive.

Que ne couvre pas la RAMQ au Québec ?

Le dentaire, l'optique, l'ambulance, le rapatriement et tes soins reçus hors du Québec. Pour ces postes, une complémentaire santé reste utile, même avec la RAMQ. Beaucoup d'universités québécoises proposent d'ailleurs un plan étudiant qui les prend en charge.

Sources

  1. RAMQ, études hors Québec et ententes avec d'autres pays
  2. Québec.ca, conditions requises pour étudier au Québec (CAQ)
  3. University of Toronto, UHIP pour étudiants internationaux
  4. UBC, assurance santé des étudiants internationaux (MSP, iMED)
  5. CHU de Québec, frais d'hospitalisation des non-résidents
  6. McGill, tarifs de l'assurance santé internationale (IHI)
  7. Campus France, mobilité sortante des étudiants français

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